L’orientalisme

Edward Saïd est un intellectuel d’origine palestinienne dont la pensée s’inscrit dans le courant post-structuraliste. Il est sceptique quant aux structures du savoir et de ses fondements et déplore le fait de prendre pour acquis certains faits sans se questionner plus avant à leurs sujets. Il a écrit en 1834 un essai très intéressant : « L’Orientalisme. L’Orient créé par l’Occident ». Dans cet article, je vous ferai part de ce que j’en ai retenu.

Saïd s’est penché, donc, sur ce qu’il a appelé l’orientalisme. Pour les Occidentaux, l’Orient représente, depuis l’Antiquité, et surtout depuis l’époque de Marco Polo et des explorations, le lieu exotique par excellence. C’est la chaleur et les paysages mirifiques. « L’Orient a presque été une invention de l’Europe », avance Saïd dès le premier paragraphe de son introduction. L’orientalisme emprisonne l’Orient dans une image fixe, de sorte que ce dernier n’existe pas vraiment…

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Femmes d’Alger dans leur appartement – Eugène Delacroix, 1834, conservé au musée du Louvre à Paris

De par les tableaux, les récits, les histoires qu’apportaient dans la culture occidentale du XIXe siècle les artistes, l’imaginaire collectif s’est composé une image de l’Orient qui n’est pas authentique. Cet Orient s’est un peu créé par opposition à l’Occident, qui lui-même se définit de par cette opposition : les citoyens issus de l’Orient sont moins éduqués, moins évolués ; en comparaison, les Occidentaux sont civilisés et supérieurs, en quelque sorte. Les Orientaux représentent pour les Occidentaux l’incarnation même de l’« Autre ».

« L’orientalisme est un style occidental de domination, de restructuration et d’autorité sur l’Orient », –  Edward Saïd, Introduction de L’orientalisme

Aujourd’hui, plutôt que de faire naître chez les Occidentaux le rêve et l’imaginaire, les citoyens issus de l’Orient se sont transformés en barbares que l’on aime tenir responsables des malheurs du monde entier. Le discours orientaliste occidental détermine l’image que le monde se fait d’eux, ils sont à la merci de l’orientalismeIls sont tantôt source de fantasme, tantôt de dégoût, de peur.

Saïd affirme, avec sagesse – et sans doute un peu de commisération, à la fin de « L’Orientalisme » : « I hope to have shown my reader that the answer to Orientalism is not Occidentalism ».

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