La notion de bovarysme

Le Madame Bovary de Gustave Flaubert, jugé immoral et vulgaire dès sa parution en 1856, nous fascine encore aujourd’hui du fait qu’il existe à son sujet un nombre considérable d’analyses et d’interprétations possibles du destin tragique de sa protagoniste Emma. Un pan ténu de l’importante postérité laissée par cette œuvre majeure de la littérature est la notion de bovarysme, que je vous présente dans ce présent article.

madame_bovary_1857_hi-res

Madame Bovary 

Le roman raconte l’histoire d’une jeune femme, Emma, qui lit beaucoup et qui rêve de connaitre le véritable amour. En épousant Charles Bovary, elle croit l’avoir trouvé. Toutefois, dès leur première journée en tant qu’époux, déjà l’ennui s’empare d’elle et elle finit par le mépriser. Elle souffre de mélancolie à un point où elle en est physiquement malade et très faible. Après avoir accumulé dettes et amants, elle se suicide de désespoir en s’empoisonnant à l’arsenic. Charles meurt de chagrin et leur fille, Berthe, éternelle déception pour sa mère, sera envoyée chez sa tante où elle sera forcée de travailler dans un champ de coton. Bref, Flaubert raconte ici une histoire pessimiste, où tout va de mal en pis.

photo-12
Affiche de l’adaptation cinématographique de Madame Bovary, sorti en 1949 et réalisé par Vincente Minnelli

Emma vit dans le passé, dans ses lectures, dans ses rêveries. Toute confrontation au réel, dont Charles Bovary est l’insipide incarnation, l’enfonce dans son malheur. Elle ne sait pas aimer, puisque toujours confrontée à la déception de la réalité. D’ailleurs, elle ne saura démontrer que très peu d’affection envers sa propre fille.

La «pathologie littéraire »

Le terme « Bovarysme » a été introduit pour la première fois par Jules de Gaultier dans son essai Le Bovarysme, la psychologie dans l’œuvre de Flaubert en 1892.

Selon M. de Gaultier, la personne en qui agit le pouvoir bovaryque s’abuse elle-même de façon tout à fait inconsciente et sans mauvaise foi aucune, car il confère une sorte de réalité à ses illusions. Je crois que Georges Palante, philosophe et sociologue français,  ne se trompe pas en affirmant que « nul n’échappe au Bovarysme. Tout homme en subit la loi à des degrés divers et suivant des modes particuliers. » Il peut, en effet, promouvoir autant le bien que le mal; être à l’origine de créations merveilleuses ou provoquer la ruine de l’individu ou de la collectivité sous son emprise.

Nous sommes tous dotés du pouvoir bovaryque; à nous d’en faire bon usage.

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s

%d bloggers like this: